Les mouvances actuelles
Les ambassadeurs du gospel noir (vedettes de la chanson) parcourent l’univers culturel mondial depuis les années 1950. Les premiers enregistrements datent des années 1930, soutenus et encouragés par les milieux de production de certains artistes blancs adeptes de l’émancipation de la culture noire afro-américaine. Aujourd’hui la musique gospel tient une place importante dans l’univers musical des 5 continents. Il existe désormais de grands conservatoires, des universités et des écoles consacrées au développement des bases conceptuelles et théoriques pour écrire, composer, arranger, produire, connaître et interpréter les oeuvres des plus grands artistes noirs.
Les vedettes
Pour n’en citer que quelques unes…
Dans les débuts du gospel noir contemporain, on retrouve des artistes précurseurs de l’épopée moderne du gospel :
- Dr. Thomas Dorsey (initiateur du gospel contemporain)
- Mahalia Jackson (Diva noire de tous les temps)
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- Golden Gate Quartet (Groupe mythique, rencontre avec Franklin AKOA en 1994 Festival de St Raphaël)
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- Blind boys Alabama (La pure expression du terroir)
Plus proche de nous :
- Marion Williams (l’Icone du gospel moderne)
- John Littleton (Rencontre avec Franklin AKOA en 1992)
- Rhoda Scott (La fameuse organiste partenaire des ateliers organisés par le Gospel Institut au Touvet en 2002/2003)
- Liz McComb (l’Incontournable talent et ambassadrice énergique du gospel en Europe)
Et puis d’autres encore :
Jessy Norman, Dereck Lee, Carole Fredericks, Barbara Hendricks…
En gospel actuel, on peut citer parmi les auteurs compositeurs les plus influents :
- Fred Hammond (Tête de file de la révolution vocale pop-gospel actuelle)
- Kirk Franklin (Roi du gospel moderne)
- Yolanda Adams (La bombe chantante)
- Richard Smallwood (Auteur, compositeur, arrangeur, interprète, producteur…une véritable référence)
La musique gospel est très riche et variée. Elle révèle plusieurs styles autour d’un état d’esprit d’ouverture, de tolérance, de recherche de soi et de l’autre, de partage. Aux USA, on constate en effet que les colorations musicales changent en fonction de l’espace géographique. Il existe un style d’Amérique du nord, de la Côte Est ou Ouest ainsi que du Sud. Les influences majeures se retrouvent dans les grandes agglomérations où se concentrent un nombre impressionnant de « Mass Choirs » style New Yorkais, Sud américain, afro, R&B, urban, etc.
Miami Mass Choir, Harlem Gospel Singers, Chicago mass Choir, Arc Gospel Choir de New York, Radio Angels. Le concept de grand choeur gospel s’est vite exporté vers le Canada proche, Montreal Jubilation Gospel Choir, en Angleterre on retrouve le London Community Gospel Choir, en Afrique du Sud c’est le Soweto Gospel Choir, en France on parle beaucoup de Gospel pour 100 voix ou encore de New Gospel Family, et bien sûr de Grenoble Gospel Singers.
Après toute cette présentation, force est de constater que le cri des « esclaves » a bien été relayé. On ose encore espérer que l’esclavage disparaisse totalement de la surface du globe au moins officiellement. Cela serait un écho favorable à la musique gospel qui reste un discours d’actualité face aux nombreux défis de l’humanité : l’oppression, la peur, l’humiliation, les frustrations, la douleur, l’exploitation de l’homme par l’homme, la maladie, la haine et la guerre qui continuent de sévir de nos jours. Ces chants sont un bon exutoire, une chambre d’écho qui permet de dire haut et fort, à travers une expression vocale sans pareil, le désir et la soif de vivre dans un monde meilleur. Dans ce sens, si la joie de vivre n’est pas toujours au RDV il faut bien la provoquer « Don’t worry, be happy » ; soit heureux mon frère, ma sœur demain est un autre jour, garde l’espoir.
Influence des médias
L’effet « Sister Act »
La musique gospel est ouverte à plusieurs pratiques culturelles (la comédie musicale, ex : Gospel at the colonus). Au théâtre comme au cinéma (Sister Act I et II), on ne compte plus les scènes utilisant ou mêlant des intrigues liées à la musique gospel (documentaires autobiographiques). Ces phénomènes médiatiques ainsi que l’avènement d’Internet ont favorisé une meilleure connaissance de ce style musical.
Le public mondial pieux ou non apprécie et découvre tous les jours l’originalité, la musicalité et l’état d’esprit de cette musique et du message qu’il porte.
La pratique du gospel contemporain : un nouveau loisir ?
Le rayonnement de la musique gospel a provoqué sa sortie de la pratique purement religieuse, car les maisons de disque offrent à ces artistes d’un nouveau genre les grands moyens du showbiz. Désormais les radios, les sites spécialisés diffusent des musiques gospel. Certaines productions gospels noirs américains ont pris une part importante du marché du disque.
En Europe comme en Afrique ou dans le reste du monde ce phénomène est moins vérifié. Si le public est conquis à chaque fois qu’il découvre ce style à la télé ou en concert, le phénomène « show biz » du gospel à la hauteur de la démesure américaine reste une exception. En France par exemple, cette musique a du mal à se vendre, non seulement à cause de la barrière linguistique mais aussi à cause des quotas culturels imposés (exemple : exclusivité de diffusion des œuvres dites nationales).
La place du Gospel Institut
L’implantation de notre école se révèle donc comme un tremplin atypique de cette musique dans le milieu culturel français. Bien entendu, il n’est pas question de parler aux acteurs économiques (banquiers ou instances musicales) d’un soutien quelconque au gospel car ce genre de pratique, en terme de formation, de rentabilité ou d’éthique n’est pas envisageable.
Il a donc fallu se débrouiller avec les moyens de bord pour y arriver. Au début de cette aventure Franklin AKOA MVA et ses premiers élèves ont offert de leur temps, de leur disponibilité et des moyens importants pour lancer l’association Gospel Institut :
- Yvette MORLOT : 1ère présidente – a soutenu l’installation de l’école par la mise à disposition d’un local qui a pu accueillir les premiers adhérents.
- Elise MANGEART : s’est occupée de la communication pendant 6 mois en 1998.
- Bruno GRATIER : un retraité passionné a donné pendant plusieurs années de son temps pour l’accueil et la communication.
- La chorale Afrogospel Choir, à travers le soutien de certains de ses membres fut un atout majeur de l’implantation avec des acteurs comme : Cathy NGUYEN, Hélène GARSIA, Miguel SANCHEZ, Stéphanie AKOA MVA, Marie Françoise LACROIX, Josepha BUSATTA et bien d’autres encore qui ont fortement accompagné les fondements de notre école.
Evolution du Gospel Institut
Fort d’une décennie d’activités fructueuses, où se sont succédés amateurs, professionnels, amoureux du gospel, le Gospel Institut a été amené à adapter ses activités aux besoins actuels.
Ainsi en 2007, sous la poussée de nombreuses demandes, nous avons créé un concept des musiques actuelles nommé « IMPACT ».
En effet, tous les jours un nouveau public s’adresse à notre association. Nous avons donc réadapté des sections existantes pour entraîner nos membres à la pratique vocale spontanée. Seul ou en groupe, il est possible désormais d’aborder la musique avec des méthodes issues du gospel. Les adhérents trouvent dans notre école une source d’inspiration authentique à travers un cadre original à l’instar des meilleures institutions américaines en la matière. Pour répondre à cette nouvelle demande, le GI a aussi investi dans du matériel de pointe, une régie son et lumière dernier cri, un studio d’enregistrement ainsi que l’équipement de salles spécialisées.
Notre expérience réussie a bien entendu donné envie à d’autres acteurs culturels de se lancer dans le même créneau. Cependant, Il ne suffit pas de décréter qu’une école est « gospel » pour qu’elle apporte les réponses attendues.
Pour mériter ce label, une école de musique gospel doit répondre à certaines exigences :
- trouver des chefs de chœur authentiques (imprégnés de cette culture)
- maîtrise parfaite des outils et du langage de cette musique
- une structure équipée apte à accueillir les adhérents dans des conditions idéales
- un personnel administratif formé, motivé et capable de gérer ces activités
- créer au sein de l’école un esprit de convivialité, d’ouverture et de partage
- un axe pédagogique fort autour des thèmes à aborder

Malgré le succès du concept GI, le chemin à parcourir reste long. Ce n’est pas tant un problème de niveau des enseignements mais surtout un souci lié aux préjugés. Il faudrait que les jeunes élèves, en classe de musique, puissent manifester leur choix. Au conservatoire classique, on ne trouve pas forcément toutes les réponses nécessaires et les codes pour entrer dans le monde musical actuel. Pour cela, nous accueillons volontiers toutes celles et ceux qui pensent que la musique est un état d’esprit, quelque chose qui se partage pour le bien de tous. C’est dans cet engagement que le Gospel Institut reste fidèle aux fondements de la musique gospel et continue d’entretenir ces vestiges non seulement comme musique de l’histoire mais aussi comme histoire de la musique pour les générations futures.

